L?epoque est contemporaine, mais le lieu est imaginaire : un duch?e dont les habitants ont tous perdu un enfant et dont le chroniqueur, charg?e de rendre compte au duc des faits et gestes de la population, sillonne les rues la nuit afin de consigner dans son carnet sayn?etes, ?emotions, paroles. Ces parents endeuill?es (la sage femme et son mari, le cordonnier, le vieux professeur de math?ematiques, Centaure, mi-homme mi-table, devenu ?ecrivain, la ravaudeuse de filets de p?eche) entrent tour ?a tour dans une marche vers un l?a-bas , vers des lumi?eres rougeoyantes, afin de redonner vie ?a l'absent, de rompre la solitude que le deuil impose au vivant. Tous sauf la femme du meneur. Elle les observe du haut dune tour et commente la progression du cort?ege. Chacun ?enonce les mots de son espoir vain, dans une forme br?eve, scand?ee, po?etique. Le tout offre une sorte de chant choral, comme sur une sc?ene de th?e?atre antique, la parole de l'un s'encha?inant sur celle d'un autre.Un livre intime, ?emouvant o?u les mots, puissants, authentiques, sortent du c?ur de lauteur sans retenue pour aller toucher directement le c?ur du lecteur.David Grossman, n?e ?a J?erusalem en 1954, est l'auteur r?eput?e de huit romans abondamment prim?es dont r?ecemment Une femme fuyant lannonce, couronn?e par le prix M?edicis ?etranger et le grand prix de lh?ero?ine de Madame Figaro. Il est aussi l'essayiste engag?e de trois essais qui ont ?ebranl?e l'opinion isra?elienne et internationale, notamment Le Vent jaune, qui a pr?ec?ed?e la premi?ere Intifada. En 2010, il a re?cu en Allemagne le Prix de la Paix des libraires allemands. David Grossman est Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres